Quels points communs est-il possible de trouver à des groupes aussi différents que les Cure, Depeche Mode, Frankie Goes To Hollywood, Duran Duran ou XTC? Que faire d’un vocable, décalqué du cinéma, et qui se réfère à des notions aussi subjectives que la sophistication, la liberté créative et la séduction ? On pourrait se contenter de considérer la new wave comme le genre par défaut, celui qui permet de définir une musique quand tous les autres épithètes manquent ou, au contraire, faire de la new wave le plus noble, le plus formidable et varié des sous-genres qui relèvent de la nébuleuse pop-rock. Dans les deux cas, on se rendrait à l’évidence, alors que reviennent en force les dinosaures du mouvement, les Police, B52’s, les Cure, Indochine chez nous, ou de jeunes pousses comme les assimilés Bloc Party, Franz Ferdinand, ou Kaiser Chiefs : la new wave est, trente ans après son apparition, partout et nulle part.
Ringarde, sanglante, répugnante et fascinante, à l’image des monologues inspirés de l’American Psycho de Bret Easton Ellis, la new wave est inséparable d’une époque où la modernité se découvrait riche et célèbre mais aussi malheureuse et pleine d’illusions.